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Imre Kertesz, L’homme qui survit à deux totalitarismes


Imre Kertesz, L’homme qui survit à deux totalitarismes

 

L’art de la biographie n’est jamais aisé, surtout quand il s’agit de la première biographie, autorisée de surcroit. En rencontrant Imre Kertesz, Claire Royer, qui a eu accès à de nombreuses archives inédites,  a su avec son autorisation capté la vie incroyable du Prix Nobel de littérature  2002.  Pratiquant le hongrois, elle a, au fil de nombreuses rencontres avec l’écrivain, tissé un lien de confiance.

D’une famille juive modeste, Imre Kertesz n’a que 15 ans quand il est déporté à Auschwitz avec les Juifs hongrois en 1944. De cette expérience concentrationnaire, il fait la matrice de sa vie et de son œuvre. Ecrivain clandestin sous le communisme, il est reconnu à l’étranger bien avant de l’être dans son propre pays.  Son premier livre « Etre sans destin » qu’il porte pendant plus de 10 ans raconte sa vie à Auschwitz. Plus tard, le film « Le fils de Saül » utilisera la même veine narrative et sera nettement plus expressif que le film tiré de « Etre sans destin »

De retour des camps, il choisir de rester en Hongrie. Alors qu’il rejoint le Parti Communiste après la guerre, il est mis au banc et livre pour survivre des comédies musicales légères tout en écrivant son œuvre clandestinement. Ecrivain européen majeur, il est traduit en Allemagne avant d’être reconnu plus tardivement en France.

Celui qui vivait l’écriture comme un acte existentiel « vivre et écrire le même roman » était sans concession sur l’Europe qui avait engendré deux totalitarismes qu’il avait traversés : le nazisme et le communisme.

Le Prix Nobel lui apporte la gloire, et la souffrance jusqu’à ne plus pouvoir écrire. Il s’éteint en 2016 sans descendance.

Son livre paru en 1995-« Kaddish pour l’enfant qui ne naitra pas »- renvoie à l’enfant qu’il n’a pas voulu avoir et pour lequel, il effectue la prière des morts, comme pour un enterrement de l’humanité toute entière morte à Auschwitz.

 

Clara Royer, Imre Kertesz, L’histoire de mes morts.  Acte Sud. 346 pages. 24 euros.


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Paru le :
Mardi
28 mars 2017